nacha dit ça : 

 

Mardi 1 mars 2005

Désormais,

c'est

là-bas...

Lundi 21 février 2005
J’ai passé un week end fabuleux ! Vous en avez gagné le compte-rendu (presque) exhaustif, bande de petits veinards.

Vendredi, je devais aller voir un film déprimant avec une copine. Mais quand elle m’a rappelée au bout de deux messages, j’étais dans un magasin de chaussures. Du coup j’ai annulé parce que j’étais fatiguée et que j’ai préféré rentrer chez moi prendre un bain assaisonné de “Bath Caviar” parfumé à la rose et au ginseng (en vrai, j’ai oublié le second parfum mais je crois que c’est quelque chose de simili-exotique de ce genre. A moins que non).

Samedi, je devais aller voir des films excentriques, après avoir bu un verre au Rocher de Cancale (hop, et que je te colle le même lien que la fille qui a des problèmes d’estomac) avec une copine que j’avais pas vu depuis, ouhlala, tu vois quoi. Evidemment, je suis arrivée la première et c’était surblindé. Du coup je l’ai traînée avec moi pour acheter des provisions en prévision (allitération en preuveuzeu) de la suite de ma soirée excentrique et on a échoué là où il y avait de la place. J’ai ensuite rejoint au Trocadéro les trois beaux garçons avec qui j’avais rendez-vous, dont les plus ponctuels attendaient depuis déjà un moment. Mais comme on s’était mal (voire pas) organisé, nous avons attendu dans le blizzard une petite heure (près du double pour certains).

C’était le moment de prendre une décision pour sauver cette soirée qui décidément… Bref. Aussitôt dit, aussitôt fait : j’ai trottiné (dans mes chaussures neuves, cf. vendredi) derrière les trois affamés aux coupes de cheveux originales jusqu’à trouver un resto assez classe pour nous accueillir, où nous avons assassiné 1h30 sans témoin. C’est à minuit que nous avons décidé de retourner regarder avec envie ceux qui avaient eu l’idée insolite de réserver des places de ciné. Au bout d’une petite heure de ce régime, pendant laquelle nous n’avons pas pris la peine de demander si des places s’étaient libérées (les gens auraient pu nous prendre pour des losers, faut pas déconner), nous sommes partis traîner nos guêtres chez Hervé Gaymard, qui n’habitait pas loin.

Ce fut le vrai début d’une nuit de débauche où nous chantâmes, rîmes, bûmes, jouâmes aux cartes et débitâmes un flot d’insanités jusque tôt dans la matinée (approximativement jusqu’à l’heure du 14e métro). On a même poussé des jurons à faire pâlir d’horreur le plus poissonier des charretiers. Là, je dois confesser que le plus barbu de mes camarades (bien qu’ils soient difficiles à départager) choisit comme juron officiel de la soirée quelque chose d’un tantinet obsolète. Après tout, on est excentrique ou on ne l’est pas.

C’est seulement en nous séparant aux aurores que, des larmes dans la voix et des poils dans la main, nous jurâmes mollement de ne révéler la teneur de cette nuit étrange à âme qui vive. Moi je m’en fous, j’avais croisé les doigts. Saperlipopette.

Inutile de préciser que la seule version valable de la nuit de samedi est la mienne.

Mardi 15 février 2005
Love is in the air

Vous n'allez pas me croire, mais hier c'était la Saint Valentin. Ils l'ont dit à la radio le matin, mais moi, le matin, je retiens pas grand chose de ce qui se dit sur les ondes (ou ailleurs). En fait je comprends rien avant 16h quand on me parle, une fois qu'on le sait, ça passe comme dans du beurre mais il faut s'y habituer. Ca nous donne un préchauffage un peu long, mais le résultat n'en est que plus appréciable (Silence dans le fond !). 

 

Je n'ai pas grand chose à dire sur la Saint Valentin, si ce n'est que j'aurais dû me douter qu'elle arrivait au galop lorsque j'ai vu la semaine dernière les seins de ma coiffeuse revêtus de l'affirmation selon laquelle "Love is in the hair". L'honnêteté intellectuelle qui me caractérise m'oblige à reconnaître que ce n'était peut-être pas lié à cette fête merveilleuse et romantique, mais ça aurait pu me rafraîchir la mémoire.

Quoiqu'il en soit, rassurez-vous, je vous épargnerai le couplet du "c'est bassement commercial, un attrape-tourtereaux honteux, non mais franchement ne comptez pas sur moi pour satisfaire la rapacité des commerçants en me ruant sur leurs fausses promotions et leurs fonds de tiroirs hors de prix !" autant que celui du "hier avec mon roudoudou, on s'est offert un restaurant bien au-dessus de nos moyens avant de rentrer faire un gros calin et je peux vous dire que ma nouvelle guêpière impression boa constrictor a fait son petit effet (sans ça, on n'y arrive plus !)".

 

En fait, j'aurais bien aimé faire rêver un peu la populace avec la vie de star fabuleuse qui est la mienne, mais il faudra attendre un autre jour que le 15 février 2005. La vérité, c'est que je n'ai rien fait de spécial pour la Saint Valentin. La vérité toute nue, c'est que ça aurait tout-à-fait pu être pour un motif politique mais que c'était par pur oubli. Du coup je peux même pas monter sur l'estrade érigée en place publique pour me targuer de ma distance vis-à-vis de notre monde consumériste. Moisi.

 

Le tragique de tout cela, c'est que c'est la boulangère qui m'a rappelé que le Soir Sacré était précisément hier soir, lorsque, pour écarter quelque sombre pensée dont on se fout éperdument, je me suis avisée de m'offrir une petite gâterie (et de faire de même pour mon compagnon qui m'offrait gîte et couvert pour la soirée, parce que je suis une jeune personne relativement bien éduquée). Ne commencez pas à rire sous cape, il ne s'agit que de gâteaux, bande de frustrés.

Ca a donné à peu près :

La Boulangère Numéro Un : "Ca vous fera 6,20€… Tiens, encore un six-vingt !"

La Boulangère Numéro Deux : "Ah mais c'est que c'est la Saint Valentin !"

Moi : "Grmblmblm ah oui tiens (intérieurement : "Merde, il va croire que j'avais envie de fêter ça")"

La Boulangère Numéro Un : "Cela dit, on a eu quelques neuf-trente quand même !"

La Boulangère Numéro Deux : "Oui mais moins, ça demande de l'organisation les neuf-trente !"

Moi : "Grmblmblmblm, merci mesdames, bonne soirée."

Les Boulangères, en chœur : "Bonne soirée Mademoiselle, et bonne Saint Valentin !"

Jeudi 10 février 2005

Il y a quelque chose que je n'ai pas dû faire correctement. Peut-être que je n'ai pas mis les bonnes intonations dans mes vœux de "bonne santé", peut-être encore que ce sont les autres qui, par négligence ou mauvaise intention, m'ont placée sous un augure néfaste…

 

Toujours est-il que 2005, pour l'instant, s'est avérée porteuse de tout une flopée de maladies. On commence. Déjà, j'ai eu la grippe, alors que ça ne m'arrive jamais. Si l'on m'avait demandé juste avant que je l'aie si je l'avais eue, j'aurais répondu (ouais je maîtrise grave la concordance des temps mais seulement pour le verbe avoir) quelque chose de ferme et définitif comme "ouaisbofchaispassûrementqu'est-ceçapeut'fout'?".

 

Mais aujourd'hui, aujourd'hui... Je suis une femme neuve, purifiée ! Non seulement parce que j'ai sué comme vache qui pisse (la comparaison à forte charge poétique reste une de mes spécialités A.O.C.), mais aussi parce que je suis allée au bout de cette expérience terrifiante. J'en suis même revenue, c'est ce qui est fort, pour raconter et restituer cette épopée initiatique, limite transcendante.

 

Là où le bât blesse, c'est que tout le monde s'en fout parce que je dois bien être la seule à pas avoir eu de grippe à mon âge (pourtant n'est-ce pas, déjà, le signe d'une élection ?).

 

On continue. J'ai commencé par moi, mais je n'aurais pas dû, d'une part parce que "l'âne passe toujours en dernier", comme disait, je crois, le père d'une de mes petites camarades de primaire (qui avait lui aussi un don lyrique évident), d'autre part parce que ça n'avait même pas l'excuse de la chronologie.

J'aurais pu commencer par Le Gens Bien de mon entourage, celui qui part aider les pauvres dans l'autre hémisphère et qui, revenu passer les fêtes en famille, s'est trouvé assailli par une méchante crise de palu sitôt la Machine 2005 mise en branle. Ça lui apprendra à donner mauvaise conscience aux autres.

J'aurais pu commencer également par Le Gens Brun de mon entourage, celui qui n'est pas d'accord avec Ray Ventura et qui le prouve. La scarlatine, c'est vachement mieux que le pal, oui madame ! La preuve, c'est qu'en 48h il a retrouvé son apparence sombre et mystérieuse habituelle et qu'il se remettrait presque à divaguer sur le pal et ses usages divers et variés. Alors que pour divaguer sur la scarlatine après une séance de pal...

 

In fine, j'aurais pu enchaîner sur les extinctions de voix de Gaëlle. Je regrette d'ailleurs cette époque, où l'on pouvait sans remords la confondre avec un pingouin (non ma chérie, tu connais la règle, "pas de bras..."). Mais elle a eu le mauvais goût d'en souffrir en 2004, ce qui m'oblige à invoquer l'alibi douteux du travail restant à accomplir pour cacher que je n'ai pas d'autre exemple de maladie rare à vous soumettre. En même temps, on n'est qu'en semaine 6 (executive language).

 

Jeudi 3 février 2005
Il paraît que Cédric Klapisch va sortir la suite de l'Auberge Espagnole ; ça s'appelle Les Poupées Russes et c'est annoncé pour la mi-juin 2005. Ce sera un peu avec les mêmes gens, mais cinq ans après, et plus à Barcelone mais à Saint Petersbourg...
Et puis encore après, cinq ans après, il y aura Casse-Tête Chinois. Ce devrait aussi être avec un peu les mêmes gens, mais encore plus longtemps après que Les Poupées Russes. Je sais pas encore trop où ça se passera, par contre, les suppositions sont ouvertes.

Et puis aussi, dans vingt ans, on aura une autre trilogie : ça nous parlera des parents de chacun des protagonistes, chantonnant et virevoltant innocemment dans la campagne de leurs plats ou pas plats pays respectifs. Ca nous expliquera, enfin, depuis le temps qu'on se le demandait, comment lesdits parents ont éduqué leurs enfants dans l'amour de la construction européenne et de la colocation.

Moi dans tout ça, je me demande comment Romain Duris est passé du côté obscur de la force.

 

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